SAINT ÉPHREM

Saint Éphrem est né vers 306 dans une ville de Turquie, près de la Syrie. Sa famille était-elle chrétienne? Il se serait converti à 18 ans. Jacob, le premier évêque de la ville qui le vit grandir le nomma professeur, alors qu'il appartenait à une communauté précurseur des communautés monastiques.

Ordonné diacre, érudit, pour accomplir sa mission d'enseignement et d'édification, il composa en vers des hymnes (plus de 400 existent encore), des homélies et des poèmes, et en prose des commentaires des textes bibliques, très appréciés par les Églises catholique et orthodoxe qui le vénèrent comme un saint.

La persécution de Dioclétien hantait encore les esprits. Ces écrits tiennent compte des problèmes posés par cette époque troublée. Il savait se mettre à la portée de tous, aussi ses œuvres,très poétiques, étaient très populaires.

Il est considéré comme le fondateur de l'école de Nisibe qui deviendra le centre intellectuel de l'Église d'orient.

Sa ville ayant été cédée à la Perse, il fit partie des réfugiés qui s'installent à Édesse dans l'Empire romain (actuellement en Turquie). Par ses poésies et autres écrits, il défend la position chrétienne du concile de Nicée.

En prodiguant ses soins spirituels aux malades il contracte la peste et meurt en 373. Il fut proclamé docteur de l'Église en 1920 par le pape Benoit XV.

Son influence a été et reste importante. Il est souvent qualifié d'  « harpe du Saint-Esprit » ou de « Soleil des Syriens » et même de « Colonne de l'Église ».

Sa pensée philosophique et théologique en fait un précurseur. On peut le considérer comme un écologiste, un féministe, un lien entre orient et occident. Il fut un militant du respect de l'autre, source de paix, comme l'indique la prière qui lui est attribuée :

Seigneur et maître de ma vie,
ne m'abandonne pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
de domination et de vaines paroles.
Mais accorde-moi l'esprit d'intégrité, d'humilité,
de patience et d'amour,
à moi ton serviteur.
Oui, Seigneur Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles.
Amen.

En 2007, le pape Benoit XVI lui a rendu un vibrant hommage.