Après Saint Amant, voici Saint Verny.

Quand les coteaux du village ont été structurés en terrasses et plantés de vignes, les vignerons, à l'exemple de leurs voisins ont ressenti le besoin d'un protecteur. Comme les autres auvergnats ils ont adopté un saint, baptisé selon les allemands Werner, Vernier en Franche-Comté, et finalement Verny ici.

Verny est né en Allemagne en 1272 dans une famille de vignerons. Après la disparition de son père, rejeté par son beau-père, il partit travailler chez des juifs appartenant à une secte se livrant à des sacrifices humains (ce qui est d'ailleurs très controversé). A 15 ans il fut mis à mort après avoir fait ses Pâques.
On alla prier sur sa tombe et de nombreux miracles eurent lieu. Il fut canonisé en 1428.

Son culte s'est développé en Auvergne dans la deuxième partie du XVIIème siècle.
Il perdure encore à St Amant-Tallende où il est honoré chaque année par une fête, voire par une messe.
Les relations entre les vignerons et leur saint patron ne furent pas toujours faciles. Ce fut le cas dans les années 1860-1870 avec l'arrivée du phylloxera qui ravagea les belles vignes superbement exposées de ce village de vignerons. Le puceron continuant ses ravages malgré les appels au saint, on précipita parfois sa statue dans la rivière, ce que firent les habitants de Dallet en disant:  « St Verny si tu veux nous faire boire de l'eau, c'est toi qui en boira ».

Rien ne prouve que le Saint Verny de St Amant fut précipité dans la Monne ou dans la Veyre !

La statue de St Verny, dans l'église de St Amant est en bois polychrome et date du 18ème siècle.